Dons et prélèvement d'organes et de tissus

Chaque année, en France, de nombreux malades sont dans l’attente d’une greffe afin d’améliorer une existence lourdement handicapée ou menacée par le dysfonctionnement d’un organe ou une altération d’un tissu ou de cellules.

La greffe leur permet de continuer à vivre et sauve chaque année de nombreuses personnes. Environ 6000 patients par an en bénéficient, mais malheureusement de nombreux autres restent en attente  et décèdent parfois, faute de greffons disponibles.

Avant de pouvoir transplanter un patient, c’est toute une chaîne de solidarité qui se met en place.

 Photo : https://initiative-don-dorganes.ch/ 

Qui peut donner?

Toute personne décédée est donneuse potentielle de tissus et en particulier de cornées permettant à des patients de recouvrer la vue.

Toute personne en état de mort encéphalique (appelée aussi mort cérébrale) peut être donneuse potentielle d’organes. La mort encéphalique, c’est à dire la destruction irréversible du cerveau, est une situation exceptionnelle et représente moins de 1% des décès hospitaliers. C’est la seule situation clinique  qui permet un don d’organes en vue d’une transplantation.

 

L'arrêt irréversible des fonctions cérébrales entraîne progressivement et de manière inexorable la cessation des fonctions des différents organes alors que l’activité du cœur et la respiration sont maintenues artificiellement.

Enfin, on peut donner de son vivant son rein ou une partie de son foie, acte volontaire et gratuit.

Le don est fait pour un receveur du cercle familial élargi ou entre concubins (plus de 2 ans de vie commune) Les conditions pour donner un organe du son vivant sont encadrées par la loi.

 

 

 

Que dit la loi sur le don après la survenue de décès ?

Trois grands principes sont posés par les lois de bioéthique pour le don d’organes, de tissus et de cellules d’une personne décédée :

1. Le consentement présumé :   La loi de Bioéthique amendée en 1994, révisée en 2004  2011 et 2021 , présume du consentement du défunt à être donneur excepté s’il a exprimé son refus de son vivant.

Après le constat de décès, l’équipe de coordination abordera les proches du défunt afin de recueillir le témoignage de l’expression d’une éventuelle opposition.

2. La gratuité : le don est un acte de générosité et de solidarité entièrement gratuit. La loi interdit toute rémunération en contrepartie de ce don.

3. L’anonymat : l’identité du donneur ne peut être communiquée au receveur et réciproquement. Toutefois les proches du donneur peuvent, à leur demande, être informés des prélèvements réalisés et du résultat des greffes.

Comment se positionner?

L’expression de l’opposition et ses modalités renforcent le consentement présumé dans le décret du 1 janvier 2017. L’expression du refus peut se faire :

• En s’inscrivant sur le RNR ( Registre National des Refus )auprès de l’Agence de la biomédecine,

• En l’écrivant sur un papier libre daté, signé et identifié. Ce document sera confié à un proche,

• En exprimant son opposition auprès de ses proches.

Après avoir été informé sur la question du don, il est donc crucial de faire connaître sa position auprès de ses proches. QUE L’ON SOIT POUR OU CONTRE.

 

 

Zoom sur le don de cornée

  • Qu’est-ce qu’une cornée?

La cornée est la première lentille transparente de l’œil. Comme un verre de montre, elle recouvre la partie antérieure de l’œil devant l’iris et la pupille. Elle transmet la lumière au cristallin et à la rétine.

  •  Le don de cornées

    C’est un don de tissus, il est anonyme, gratuit et basé sur le consentement présumé comme pour les organes.

    Le prélèvement peut s’effectuer soit dans le cadre d’un don d’organes soit dans les 24h après le décès en salle dédiée, dans un profond respect du défunt.

    Lors d’un décès, l’équipe coordinatrice (médecin et infirmière) étudie le dossier et contacte les proches afin de recueillir le témoignage de l’expression de la volonté du patient de son vivant.

  • Pour qui ?

Les greffes de cornées sont destinées aux personnes ayant une altération de la vision pouvant être  liée à des infections, des accidents de travail par brûlures chimiques ou par des corps étrangers, des malformations héréditaires ou des maladies entrainant une cécité tel que le Kératocône (déformation de la cornée qui engendre des troubles de la vision qu’il est presque impossible d’appareiller).

  • Comment ?

La cornée est explantée de façon chirurgicale dans les conditions du bloc opératoire. Elles sont ensuite acheminées vers la Banque de Tissus de Toulouse Purpan afin d’être proposées à la greffe et permettre à des patients de recouvrer la vue.

La priorité de l’opérateur est de veiller à ce que l’aspect du visage ne soit en rien modifié, une présentation de corps est proposée aux proches après l’intervention Le médecin est garant du respect de l’intégrité du donneur.

Le don ne modifie en rien l’organisation des obsèques et les rites funéraires.

Ainsi la volonté du patient est respectée, il est le premier maillon de la chaine du don.

 

 

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